Du coup… Mis à toutes les sauces, affadit le vocabulaire

C'est la faute à
C’est la faute à… Attention à ne pas faire la faute !
12 avril 2018
Bienvenu ou bienvenue
Bienvenu ou bienvenue… Un accueil parfois incertain
20 avril 2018
Tout voir

Du coup… Mis à toutes les sauces, affadit le vocabulaire

du coup mis à toutes les sauces

S’il y a une expression que l’on entend tout le temps, c’est bien « Du coup »… C’est carrément devenu pour certains un tic de langage. Populaire dans toutes les couches de la société, même dans certaines sphères journalistiques, elle est particulièrement présente chez les jeunes. D’ailleurs, Catherine Sasser, maître de conférences à l’Université de Lorraine et directrice d’une agence de communication, raconte comment l’un de ses étudiants l’a répété 18 fois lors d’un exposé de douze minutes.

Si, employée sans trop d’excès, il est possible de l’accepter dans une conversation, il ne doit surtout pas se retrouver à l’écrit. C’est une expression qui rejoint la longue liste des entorses au français.

Du coup… je me trompe

« Il pleut trop pour sortir, du coup je reste chez moi », « La séance est annulée. On va où du coup ? »…

À l’origine, au sens propre, il s’agissait du résultat d’un acte violant : « Le poing de l’homme parti, son adversaire fut assommé du coup. »

Au fil du temps, le terme a évolué. Aujourd’hui, il est employé pour exprimer la conséquence d’un évènement et une quasi-simultanéité, équivalent à « aussitôt » : « Il a posé la bougie dans le sapin, du coup le feu a pris. »

Mais attention à ces « du coup » qui fleurissent dans toutes les phrases, à tort et à travers. Cette locution n’est pourtant pas un adverbe !

Si vous désirez exprimer la conséquence, employez plutôt des mots tels que « finalement », « nécessairement », « par conséquent », « à la suite de quoi », « de ce fait », « dans ces conditions », « au final », « en fin de compte »… Vous voyez, vous avez l’embarras du choix.

Donc… Ne dites plus

Il a échoué à l’examen. Du coup, il a dû le repasser l’année suivante.

Mais

Il a échoué à l’examen. De ce fait, il a dû le repasser l’année suivante.

Il est souvent difficile de s’y retrouver entre le langage parlé et ce qui s’emploie à l’écrit. Pourtant, ce genre de faute est rédhibitoire dans un texte, quel qu’il soit. Alors, si vous doutez de vous, au moment de rédiger, contactez notre agence de correcteurs.

 

Nathalie DEBERDT
Nathalie DEBERDT
Correctrice

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.