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15 février 2021
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Faites-vous ces 7 erreurs lorsque vous écrivez ?

Nous sommes tous confrontés à l’écriture ! Et cela sous-entend que nous devons aussi nous plier aux règles de grammaire. Elles sont nombreuses et pas toujours faciles à retenir. Elles supposent que nous sachions aussi faire une analyse grammaticale pour savoir a minima déterminer un sujet, un verbe, des compléments, des participes passés, des adjectifs, des pronoms… ou tout simplement connaître le sens des mots.

Parmi toutes ces règles de grammaire, nous en avons choisi quelques-unes, sur lesquelles nous nous interrogeons souvent.

Voici donc 7 règles à connaître, support indispensable pour une bonne rédaction.

 

1) L’accord du participe passé employé avec « on »

« On » vient du latin homo, qui veut dire homme. C’est un pronom indéfini neutre. En ce sens il peut se référer à une ou plusieurs personnes, sujets de la phrase. Mais ce qui nous perturbe, c’est que même s’il correspond à un collectif, le verbe se conjugue à la troisième personne du singulier.

En général, parce qu’étymologiquement « on » est masculin singulier, le participe passé du verbe est lui aussi au masculin singulier. C’est par exemple le cas, lorsque « on » ne désigne personne en particulier : « On est informé des conditions sanitaires en vigueurs. »

Cependant, le participe passé peut s’accorder avec le sujet pour peu que nous sachions qui est ce « on ».

Ainsi si deux femmes ont prévu de sortir, elles peuvent dire : « On est contentes d’aller au cinéma ce soir. »  Dans ce cas, il s’agit d’un féminin pluriel.

Enfin, « on » est souvent employé à l’oral pour désigner plusieurs personnes : « On s’est rencontrés hier pour aller marcher. »

Toutefois, à l’écrit, il est préférable de le remplacer par « nous » : « Nous nous sommes rencontrés hier pour aller marcher. »

Quant à garder les deux, c’est aussi possible, mais uniquement pour donner une certaine emphase : « Nous, on y arrive ! ».

Mais la plupart du temps, c’est plutôt une erreur de langage : « Nous, on est arrivés à la réunion en retard », doit plutôt s’écrire soit : « on est arrivés à la réunion en retard », soit « nous sommes arrivés à la réunion en retard ». Sachant que cette deuxième version est, comme nous venons de le dire, celle à privilégier.

  

2) Apporter/amener (et leur corollaire emporter/emmener)

Si le verbe apporter n’est jamais utilisé à la place du verbe amener, l’inverse est une faute des plus courantes.

Pourtant, si dans les deux cas cela suppose un mouvement de rapprochement vers un lieu, ces deux verbes ne s’appliquent pas aux mêmes sujets.

En effet, le verbe « apporter » signifie que l’on porte ou transporte quelque chose d’inanimé, tel un objet.  

Ainsi, nous ne devons pas dire : « j’amène des livres la prochaine fois que je viens », mais bien « j’apporte des livres la prochaine fois que je viens ». Les livres sont des objets inanimés.

Apporter peut aussi s’employer lorsqu’il est agent de quelque chose : « Cette loi apportera de la clarté. »

Alors que le verbe « amener » s’adresse à des choses animées, être humain ou animal :

« J’amène tes parents dimanche prochain », « Cet enfant peut-il amener un chat en classe pour l’observer ? »

Toutefois, lorsqu’on n’a pas à porter, ou on ne peut pas porter ce qu’on déplace, comme le chargement d’un camion, ou le camion lui-même, on utilise le verbe amener :

« Il amène la marchandise demain matin », « Nous devons amener la voiture chez le garagiste. »

Les corollaires de ces deux verbes sont « emporter » et « emmener » qui suggèrent un éloignement : 

« J’emporte mes patins à roulettes chez mon copain »

« J’emmène les enfants à l’école », « N’oublie pas d’emmener le chien chez le vétérinaire. »

 

3) Je vous saurais gré et non pas je vous serais gré

Cette expression signifie « être reconnaissant de ». Le mot « gré » vient du latin « gratum » qui se traduit aussi par « gratitude ».

C’est un mot qui reste invariable. Même s’il y a plusieurs destinataires au courrier ou que celui-ci s’adresse à une femme, il faut écrire :

« Je vous saurais gré de m’accorder une audience. »

Parce qu’elle exprime un souhait, cette formule s’emploie généralement au conditionnel.

Toutefois, elle peut aussi se mettre au futur, mais dans ce cas, elle servira plutôt à exprimer un ordre :

« Je vous saurai gré de ne plus jamais m’adresser la parole. »

Le mot « gré » est employé dans d’autres expressions comme :

« Bon gré mal gré », « contre son gré », « au gré des jours » …

On le retrouve aussi dans l’adjectif « agréable », le substantif « agrément » ou encore le verbe « maugréer ».

Enfin, il peut être précédé d’un adjectif possessif pour dire que quelque chose est à son goût ou convient à son souhait :

« Les choses avancent à mon gré. »

« Les pastels de ce tableau sont à son gré. » 

 

4) Un bonhomme, des bonshommes

S’il y a une faute qui est très courante, autant à l’oral qu’à l’écrit, c’est celle qui porte sur le pluriel du mot « bonhomme ».

Composé de « bon » et de « homme », il a la particularité de porter la marque du pluriel sur les deux éléments. Ainsi on n’écrit pas

  • Des bonhommes

Mais bien

  • Des bonshommes (et on fait la liaison à l’oral : des bon z hommes)

C’est une caractéristique que l’on retrouve dans les mots :

  • Gentilhomme / gentilshommes
  • Madame / Mesdames
  • Mademoiselle / Mesdemoiselles
  • Monsieur / Messieurs
  • Monseigneur / Messeigneurs

Qui sont composés d’un possessif « ma » ou « mon » et d’un nom : Dame, demoiselle, sieur, seigneur.

Par contre, il est vrai que lorsque « bonhomme » est un adjectif, seul le dernier élément porte la marque du pluriel :

« Ce coquin prend des airs bonhommes pour tromper son monde. »

 

5) Aucun au pluriel

La plupart du temps « aucun » ou « aucune » s’écrivent au singulier :

« Aucune date n’a encore été donnée. »

« Aucun acte n’est totalement gratuit. »

Pourtant ils s’écrivent au pluriel – uniquement, mais obligatoirement – lorsque le nom qui suit est toujours utilisé au pluriel : honoraires, frais, funérailles, fiançailles, ténèbres, condoléances, préparatifs, rillettes, alentours…

« Aucuns honoraires ne lui ont été envoyés. »

« Aucunes funérailles n’ont été aussi pluvieuses que celles de ce pauvre homme. »

« Aucunes rillettes ne sont aussi bonnes que les leurs. »

Cette règle s’applique aussi devant un mot dont le sens est différent lorsqu’il est au pluriel. C’est le cas du mot « vacances ».

« Nous n’avons pris aucunes vacances depuis au moins trois ans. »  

Quant à « d’aucuns », il peut être remplacé par « certains » ou « certaines ».

« D’aucuns disent du mal de lui » = Certains disent du mal de lui.

« D’aucunes sont très à l’écoute des enfants turbulents » = Certaines sont très à l’écoute des enfants turbulents.

 

6) L’accord du mot « demi »

Adjectif ou adverbe, il s’accorde selon qu’il se trouve avant ou après le mot qu’il précise.

S’il est placé devant un nom, il est invariable. En effet, il s’agit de la moitié d’un tout. Et il faut l’écrire avec un trait d’union.

Nous avons donc des « demi-seaux », ou des « demi-portions ».

De même, la locution « à demi » qui veut dire « partiellement » ou « à moitié » est invariable.

« Elle est à demi responsable. »

« Demi » placé après le nom perd son trait d’union, mais se voit complété par « et » :

« Dix pommes et demie »

« Il a bu un verre et demi »

Nous noterons que « demi » prend la marque du féminin, mais pas celle du pluriel.

Ainsi, nous n’écrirons pas : « il a lu quatre pages et demies », mais « il a lu quatre pages et demie » (quatre page et la moitié d’une page).

Enfin, quand « demi » est un nom, c’est-à-dire qu’il est la moitié d’une unité, il s’accorde tout à fait normalement en genre et en nombre :

« J’entends le clocher sonner les demies »

« L’homme au bar a déjà bu deux demis »

« Les demis de mêlée sont très investis dans le jeu».

  

7) Formule de politesse : Je vous prie d’agréer l’expression… 

Les formules de politesse sont assez codifiées et varient en fonction de la personne à laquelle vous vous adressez. 

Parmi celles les plus usitées, nous retrouvons :

« Je vous prie d’agréer, […], l’expression de… » ou « Je vous prie d’agréer, […], l’assurance de… »

Mais attention, dans les deux cas, ces expressions doivent être suivies d’un « sentiment » :

« Je vous prie d’agréer, […], l’expression de mes sentiments les meilleurs. »

« Je vous prie d’agréer, […], l’assurance de mon profond respect. »

Ainsi, il n’est pas possible d’écrire :

« Je vous prie d’agréer, […], l’expression de mes salutations distinguées. »

Cette formule doit se contenter de :

« Je vous prie d’agréer, […], mes salutations distinguées. »

 

Il existe encore bien d’autres erreurs qui se glissent promptement dans nos écrits, et il est essentiel de bien se relire, de prendre le temps de faire une analyse grammaticale, de se poser les bonnes questions. Cela peut prendre du temps, mais le résultat en vaut souvent la chandelle.

Un texte sans faute est toujours plus agréable pour le lecteur qui prendra donc plus de plaisir à nous lire. C’est une étape qu’il est impossible d’ignorer.

Et quoi qu’il en soit, un regard extérieur est souvent le bienvenu, en particulier lorsque l’écrit est long. Il est parfois même nécessaire de faire appel à des correcteurs professionnels. Ce n’est pas le signe d’une incompétence, mais l’assurance de ne laisser échapper aucune faute.

Nathalie DEBERDT
Nathalie DEBERDT
Correctrice

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